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Voix de L'OMEP

COMMENT FAIRE POUR ENSEIGNER LES SCIENCES À LA MAISON ET QUELLES LEÇONS EN TIRER APRÈS LA PANDÉMIE


 

 

COMMENT FAIRE POUR ENSEIGNER LES SCIENCES À LA MAISON ET QUELLES LEÇONS EN TIRER APRÈS LA PANDÉMIE

Danièle Perruchon

 

Bonjour à toutes et à tous,

 

Dans une précédente vidéo, nous avons parlé de l’enseignement des sciences en ce temps de confinement lié au Covid 19.Ceci nous amène aussi à penser comment faire pour enseigner les sciences à la maison et quelles leçons en tirer au sortir de la pandémie.

 

Depuis le confinement, de nombreux systèmes éducatifs ont mis en place des modalités temporaires de formation à distance auxquelles les enseignants ont dû s’adapter rapidement :

 

-parce qu’ils n’étaient pas suffisamment formés, 

-et qu’ils ont dû très souvent faire face à un manque ou un dysfonctionnement des moyens techniques.

 

Pour cela, ils ont développé très rapidement un travail en réseau :

-pour partager les solutions les mieux adaptées aux différents contextes d’enseignement à distance 

-et pour mutualiser et modifier la forme des ressources existantes afin qu’elles soient mieux comprises, à la fois par les parents et par les enfants.

Pour associer les parents aux investigations de leurs enfants, les éducateurs ont dû aussi adapter leurs pratiques 

-pour proposer des activités attrayantes, sous forme de défis ludiques, réalisables à la maison avec peu de matériel, exploitant des situations de la vie quotidienne ou l’observation de l’environnement proche du lieu de vie. 

Par exemple un défi particulièrement pertinent et attractif pour de jeunes enfants consiste à comparer le Coronavirus à des paillettes décoratives afin d’expliquer les effets du savon sur son élimination. Cet atelier permet ainsi de modéliser et d’expérimenter il développe la curiosité, l’imagination, les compétences comparatives des enfants pour imaginer ce microbe si petit qu’on ne peut pas le voir. 

 

Cependant les parents ont, eux aussi, rencontré des difficultés :

-Ils ont dû réajuster leurs compétences parentales et l’organisation de la vie familiale pour gérer en même temps leur télétravail et l’école à la maison.

-Ils se sentent impuissants quant à la capacité à se substituer à un pédagogue qui, lui, a été formé aux pratiques professionnelles et en principe aussi en sciences. 

-Tous ne bénéficient pas du même accès aux informations ni des mêmes compétences, en particulier pour les familles venant de milieux défavorisés, ce qui renforce les inégalités socio-éducatives, laissant les enfants seuls devant leurs apprentissages. 

Quant aux enfants, 

-dans un premier temps, ils apprécient de rester à la maison, comme s’ils étaient en vacances, et de pratiquer des activités scientifiques, plutôt sous forme de défis. 

Ce qui a l’avantage de montrer une science accessible, liée à des activités concrètes et ludiques, développant la créativité des enfants.

Mais rapidement le travail à la maison a soulevé plusieurs difficultés : 

-organisation et gestion du temps 

-durée plus longue pour effectuer les activités demandées 

-moins de contacts avec les pairs 

-et pas de possibilité d’aide immédiate malgré un contact à distance régulier avec l’enseignant. 

 

Alors, quel profit en tirer pour l’enseignement des sciences de demain ?

 

Au sortir de la pandémie, nous devrons renforcer le plaidoyer de l’OMEP auprès des gouvernements et institutions de tous les pays, pour promouvoir, encore plus qu’auparavant, 

-une éducation à la science et à l’esprit critique, à la solidarité et à la coopération, au respect de soi et des autres, dès le plus jeune âge 

-une éducation équitable et de qualité pour tous, filles et garçons

-une formation de qualité des enseignants, notamment en sciences et pour l’enseignement à distance 

Arrêtons de penser l’éducation uniquement du point de vue de l’économie.

Repensons-la comme la formation d’un citoyen du monde, solidaire, respectueux et aidant 

pour construire une société où les décisions seront prises en étant basées sur des faits et non des croyances, 

par de futurs citoyens éclairés, comme le préconise l’OMEP.

 

Je vous remercie.